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LES FARCES PORTUGAISES

  • Photo du rédacteur: Theatre de Curiosités
    Theatre de Curiosités
  • 6 nov. 2024
  • 8 min de lecture

Notre nouveau spectacle "Les Farces Portugaises" vera le jour le 29 novembre à 20h30 au Foyer Culturel de Beloeil ( et sera repris à la Salle culturelle de Boussu les 14-15/12)...



Vous voulez en savoir plus, eh bien nous vous proposons durant ces prochains jours de découvrir notre distribution et aussi l'auteur qui a inspiré cette création unique en Belgique francophone : Gil Vicente, un dramaturge portugais du début du XVIe siècle méconnu chez nous, mais trésor national au Portugal !


GIL VICENTE


Il est considéré comme le père de la langue portugaise moderne et le chantre de la poésie dramatique de son temps. Il naquit entre 1465 et 1480 et mourut en 1537. il é crivit aussi bien en portugais qu'en castillan car il était de coutume de parler la langue espagnole à la cour du portugal car la reine était aragonaise.


Voici donc en résumé (mais cela reste long car son oeuvre est foisonnante) ce que l'on peut retenir des oeuvres de Gil VICENTE :

Sa première pièce connue, Auto da Visitação (La Visitation), connue aussi sous le nom de Monólogo do vaqueiro (Monologue du vacher), fut représentée dans les appartements de la reine Marie d'Aragon, pour célébrer la naissance du prince, le futur Jean III de Portugal ; cette représentation étant considérée comme l'acte de naissance du théâtre portugais. Elle eut lieu dans la nuit du 7 au 8 juin 1502, au deuxième jour de la naissance de l'infant, en présence du roi et de la reine, de D. Léonor, veuve de Jean II de Portugal et de Beatriz de Portugal, mère du roi.


Après sa première pièce donnée en représentation à la cour, il devint responsable de l'organisation des cérémonies du Palais. Les archives permettent de connaître les fonctions successives qu'il eut à la cour du roi du Portugal.


De son vivant, le théâtre de Gil Vicente ne s'est exporté qu'une fois en dehors de la péninsule. Ce fut en 1531, le 26 décembre, lors d'une représentation de sa pièce Jubileu de Amores, chez l'ambassadeur du Portugal Pedro Mascarenhas, à Bruxelles. Cette pièce, désormais perdue car supprimée par l'Inquisition, mis en colère un des spectateurs présents; le cardinal Aléandre, qui s'en plaignit au pape Clément VII au-travers d'une missive, consultable dans les archives du Vatican. Sur cette pièce on sait que Gil Vicente tourne en ridicule un cardinal, sans avoir plus d'informations à ce sujet.


Après quoi Gil Vicente devint, comme il vient d'être dit, responsable de l'organisation des cérémonies du palais. À la demande de Dona Léonor de jouer cette même pièce pour les Mâtines de Noël, l'auteur répondit par l'écriture d'une nouvelle, plus longue, considérant que l'occasion demandait un autre traitement : ce sera Auto Pastoril Castelhano (Pastorale castillane).


Devant l'intérêt de Dona Léonor, qui devint sa grande protectrice les années suivantes, Gil Vicente comprit que son talent lui permettrait de faire plus qu'adapter simplement la pièce pour des occasions diverses.

Le 6 janvier 1504, toujours à la demande de Dona Léonor, ce sera Auto dos Reis Magos (Les Rois Mages), où un berger déterminé à aller à Bethléem se trompe de chemin... puis l'année suivante l'Auto de São Martinho (Saint Martin).



S'il fut réellement orfèvre, il termina son œuvre maîtresse en cet art - le Reliquaire de Belém, en 1506, produite avec le premier or venu du Mozambique. Trois ans plus tard, ce même orfèvre devint l'intendant du patrimoine d'orfèvrerie du Couvent du Christ, à Tomar, de Notre-Dame de Belém, et de l'Hôpital de Tous-les-Saints, à Lisbonne. Mais personne n’est certain que le Gil Vicente qui produisit cette œuvre d’art soit également le dramaturge …


En 1509 il présente l'Auto da India (De l'Inde) (que nous représenterons lors du Festival de Théâtre Renaissance « Les loges 2024 »), devant la reine Dona Léonor, à Almada. C'est le premier texte théâtral où est représentée une intrigue, une histoire complète, et par-dessus le marché, actuelle. Si le thème de l'adultère est intemporel, les circonstances de cet adultère sont celles de la première décennie du XVIe siècle, quand, derrière la gloire et la façade épique de l'expansion ultramarine, il était déjà possible de percevoir les profondes altérations, pas toujours positives, que cette expansion provoquait dans la société portugaise...


En 1510, à Noël, c'est devant le roi Dom Manuel (Emmanuel Ier), qu'il présente Auto da fé às Matinas de Natal (Acte de foi aux mâtines de Noël). En 1511, l'Auto das Fadas (Les Sorcières), où « une sorcière, redoutant qu'on l'emprisonne pour son office, va se plaindre au Roi, lui montrant par des raisons que pour cela elle lui donne, combien sont nécessaires ses tours de magie ».


En 1512 O velho da Horta (Le Vieux au jardin) et en 1513, vers le milieu du mois d'août, c'est pour le départ pour Azamor (Azemmour) au Maroc, de Dom Gemenes, Duc de Bragance et Guimarães, qu'il joue en présence du roi, à Lisbonne, devant le fleuve, l'Exortação da Guerra (Exhortation à la guerre). Toujours en 1513, pour Noël, c'est l'Auto da Sibila Cassandra (La Sybille Cassandre), devant la reine mère Dona Beatriz, au monastère de Enxobregas : « il s'agit dans cette pièce de la Sybille Cassandre, qui, de par son esprit prophétique sut le mystère de l'Incarnation, et présuma qu'elle était la Vierge de qui le Seigneur devait naître. Et avec cette opinion, plus jamais ne voulut se marier ». C'est dans cette pièce qu'il introduit pour la première fois des dieux païens dans son intrigue, ce qui fait d'elle, pour certains, la marque initiale de l'introduction de la Renaissance au Portugal.


En 1514 Comédia do viúvo (Comédie du veuf). En 1515, une farce, représentée devant le roi.

En 1516, à Noël, c'est Auto dos quatro tempos (Des quatre temps).

En février ou mars 1517, la plus célèbre de ses moralités d'inspiration religieuse, est jouée dans la Chambre de la reine, C'est Auto da barca do Inferno (La Barque de l'Enfer) : « Et pour traiter de cette matière l'auteur figure qu'au moment où les âmes viennent de quitter les corps, elles arrivent à un profond bras de mer, où se trouvent deux bateaux : L'un d'eux emmène vers la Gloire (le Paradis), l'autre vers le Purgatoire (sic. En réalité la barque de l'Enfer). Elle est en trois parties ; pour chaque embarcation une scène. La première traite du voyage vers l'Enfer ». Suivent donc en 1518 (pour Noël), Auto da barca do Puragatório (La Barque du Purgatoire), et en 1519, Auto da barca da Glória (La Barque de la Gloire).

Entre-temps il compose Auto da Alma (de l'Âme), en 1519 les Cortes de Jupiter (la Cour de Jupiter), puis en 1520 c'est Auto do Deus Padre ( de Dieu le Père), jamais retrouvée, et qui serait peut-être l'une de ses œuvres interdites.


En 1521 (ou en 1510 ?) est représentée devant la reine Dona Léonor, et ensuite devant le roi Dom Manuel, la farce Auto da Fama (Farce de la Renommée), dans laquelle la Renommée est une gardeuse d'oies convoitée par toutes les grandes puissances mais se refusant à elles...


C'est lui qui dirigera les festivités en l'honneur de Dona Léonor, la troisième femme de D. Manuel Ier, en 1520, un an avant de passer au service de son successeur, le roi D. João III (Jean III). À cette date il a atteint un tel prestige qu'il se permet de satiriser le clergé et la noblesse dans ses œuvres (cf. les Autos das Barcas), ou même de s'adresser au monarque en critiquant ses options. C'est ce qu'il fit en 1531, avec une lettre au roi, défendant les cristãos-novos (nouveaux-chrétiens).


D. Manuel Ier meurt le 13 décembre 1521. C'est donc pour le roi D. João III (Jean III) qu'il fait jouer sa nouvelle comédie Comedia de Rubena.

En 1522, pendant la famine, c'est Pranto de Maria Parda (La Plainte de Maria la Noiraude). Cette pièce met en scène une ivrognesse qui se lamente de ne plus trouver de vin dans les tavernes de Lisbonne... Nous vous la donnerons à voir et à entendre aussi lors de notre spectacle.


En 1523, sous les ordres du nouveau roi les travaux du Couvent du Christ à Tomar, viennent de se conclure. C'est là, que cette même année, devant le roi a lieu la première représentation de la Farsa de Inês Pereira (Farce d'Inês Pereira. Son argument tient en une maxime : « Je préfère un âne que je monte, plutôt qu'un étalon qui me démonte »… Et sur ce motif on fit cette farce que vous pourrez découvrir dès le 29/11 au Foyer Culturel de Beloeil.

 



À Noël de l'an 1523, il représente Auto pastoril Português, à Évora ; en 1524 Auto dos Físicos et Frágua d'Amor ; en 1525 Farsa do Juiz da Beira ; Farsa das Ciganas et Dom Duardos, « cette première tragi-comédie est sur les amours de D. Duardos, prince d'Angleterre, avec Flerida fille de l'Empereur Palmeirim de Constantinople. » Une pièce tout à fait surprenante autant par sa forme que son style.

En 1526, il écrit Templo d'Apolo (Temple d'Apollon) : « La tragi-comédie suivante fut représentée (le 1er novembre) pour le départ de la très éclairée et sacrée Impératrice, fille du Roi D. Manuel (Isabelle de Portugal), pour la Castille, quand elle épousa l'Empereur Charles (Charles Quint) ».


Toujours en 1526, semble-t-il, c'est Breve Sumário da História de Deus (Bref sommaire sur l'histoire de Dieu) ; Diálogo dos Judeus sobre a Ressurreição (Dialogue des Juifs sur la résurrection) ; en 1527, Nau d'Amores (Nef des amours), Comédia sobre a Divisa da Cidade de Coimbra (Comédie sur la devise de la cité de Coïmbre), et Farsa dos Almocreves (Farce des muletiers).


En octobre de cette année, pour la naissance de D. Maria, fille du roi, à Coïmbre, il donne Auto Pastoril da Serra da Estrela, tragi-comédie pastorale qui a lieu dans « la Montagne de l'Étoile » (transcription de Serra da Estrela) qui est une chaîne de Montagnes, les plus hautes du Portugal, situées toujours dans ces Beiras, qui reviennent souvent dans ses œuvres.

Toujours en 1527, à Noël, Auto da Feira (De la foire) ; en 1528, Auto da Festa (De la fête), puis Triunfo do Inverno (Triomphe de l'hiver) en deux parties.

Peut-être en 1530 vient O Clérigo da Beira (Le Clerc de la Beira), et en 1531 vient une pièce interdite Jubileu d'Amores (Jubilé des amours).


Gil Vicente publia de son vivant quelques-unes de ses pièces en « folhetes de cordel », feuilles volantes, vendues à bas prix. De ces éditions, parmi lesquelles certaines étaient interdites par l'Inquisition, on connaît à peine La Barque de l'Enfer, La Farce d'Inês Pereira, D. Duardos et La Plainte de maria la Noiraude, en plus de trois pièces qui ne figurent pas dans la Compilaçam de todalas obras de Gil Vicente (Compilation de toutes les œuvres de Gil Vicente) organisée et publiée en 1562 par son fils Luís Vicente, manifestement incomplète et défectueuse ; ces trois pièces sont l’Auto da Festa (De la fête), publiée plus tard et l’Auto de Deus Padre (De Dieu le Père), Justiça e Misericórdia e Obra da Geração Humana (Justice et Miséricorde et œuvre de la génération humaine).



En 1532 il représente à Lisbonne, l'Auto da Lusitania (De la Lusitanie) pour la naissance du prince D. Manuel, en 1533 une tragi-comédie satirique, Romagem de aggravados (Pèlerinage d'offensés), à l'occasion de la naissance de l'infant D. Philippe, à Évora.

En 1534 il présente l’Auto da Mofina Mendes, aux mâtines de Noël, et l’Auto da cananeia (De la cananéenne), « à la prière de la très vertueuse et très noble D. Violante, dame Abbesse du très loué et saint couvent du monastère d'Odivelas », sœur du navigateur Pedro Alvares Cabral, découvreur du Brésil.


Enfin, en 1536, il représente Floresta dos Enganos (Forêt des tromperies), à Évora.

Il meurt peut-être cette année-là, parce que c'est à partir de cette date qu'on cesse de rencontrer quelque référence que ce soit à son nom dans les documents de l'époque.


Texte d'après Wikipedia

 
 
 

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